Dévoilée d’impudeur
Face à la mer je rêve
De tenir encore la barre douce et chaude
D’un voilier.
Puis d’entrouvrir l’écoutille de ma goélette,
Vers mystérieuses profondeurs.
Dévoilée d’impudeur
Face à la mer je rêve
De tenir encore la barre douce et chaude
D’un voilier.
Puis d’entrouvrir l’écoutille de ma goélette,
Vers mystérieuses profondeurs.
Il dit souvent
« faut qu’j’arrête de fumer »
« Tu crois qu’elle va comment, Maman ? »
« J’peux plus bander, mais j’peux aimer »
« J’voudrais avoir mon propre appartement »
Norbert, c’est vraiment un type extraordinaire
Avant, Norbert, c’était…
Une rock-star, Jésus, un ancien moine Shaolin
Il a pu boire jusqu’à quinze litres d’eau par jour
Vivre des mois dans une pièce minuscule
Se réveiller sur un matelas en flammes
Sortir promener son gros nounours en peluche
Se cuisiner des pâtes au yaourt à la fraise
Aborder des rois mages au marché de Noël
En leur disant « je suis celui que vous cherchez »
Il dit souvent
« ch’suis trop shooté par mes cachets »
« Mais faut comprendre ma prison de solitude »
« Je crois qu’je vais aller m’coucher »
« Je dois reprendre mes études »
Norbert, c’est vraiment un type extraordinaire
Avant, Norbert, c’était…
La religion dont il est seul adepte
Les treize voix qui braillent en permanence
Les cent commandements des tâches quotidiennes
Dont, quand même, Jésus, Bruce Lee, Kurt Cobain
Et lui-même, dans dix ans, qui dit souvent
« Tout ira bien, pas d’inquiétude »
« T’auras une femme et des enfants »
« Tu vas reprendre tes études »
« T’auras ton propre appartement »
Norbert, c’est vraiment un type extraordinaire
Avant Norbert, c’était…
Il se terre sous notre voix
Il marche à côté de notre ombre
On le voit lorsqu'on sommeil
C'est lui qui rit lorsque l'on pleure
Toujours à baisser notre bras
Lorsqu'on le lève
Mais lui aussi à peur de mourir
Il agit à l'exacte mesure
Pour nous faire chier
Quand mordra
L’orque
De la passion morte,
On déposera le torque,
Plus de joug à son cou.
Torquemada ! Torquemada !
Criera le peintre dada
Mais dalit fada.
La couche sera un vaste champ
Ouvert à la folie.
On brandira le torque ardent
A tous les vents.
Sur tes sueurs en corps, j’aurais moi aussi tempêté et rêvé si fort
tes suints, tes ors
aux collines aimées que tu prêtais aux hommes aimables aux paysages encombrés
Ces frissons de doigts, j’aurais rêvé là où tes bas blancs à ton sexe parlaient
Sous chaque toit, les mains d’hommes perlaient, se défaisant, te diamantant
Tes jambes furent alors mes Loire à moi à boire
Tes fumées Tes innocences Tes moires
Tes bas clairs faisaient comme feuilles au vol
Un mot d’ombrage dans les fragments d’ombres
Les soirs à l’heure des repos
On souhaitait épousseter ces taches scintillantes sur tes jambes à clé
Les ombres les ombres que lançaient tes sexes désirés, comme des clairs-obscurs
de cinéma noir et blanc, des traces de main, mais là tes bas blancs
et humant ton sexe blanc comme une grande marguerite
je bus donc au creux de ces deux bas blancs, un lait blanc comme une aube claire, dans une forêt sombre où l’eau coule dans ma bouche
grand plaisir sage des assoiffés sévères
Tu lançais tes jambes comme des tiges électriques
Comme deux sexes supplémentaires sous tes jupes claires
Les hommes rêvaient de te posséder, mains posées aux élastiques
Cela ferait rivière sous ta robe calmement claire
Rouge ce jour comme un feu et ambre
Attirail sexué comme tu tournes et danses
Quand tu tournes et danses
Au creux de ces chemins-là
C’étaient des promesses de l’enfance
Les jambes de ma mère
dont je rêvais enfant
Des traverses embaumées par les lilas
Des sourires aux mains tendues intenses
Et puis comme l’or fane
Un soir, la musique manque
Et les courts silences pavanent
Quand de toi tout manque
J’ai dans mes souvenances
Tes deux jambes blanches
A leur jonction la stance
Que scandaient tes hanches
In Partibus est le blog d'extraction poétique d'une petite pléïade de plumes
aux aspirations souveraines. Visages épars de la poésie contemporaine
inofficialisée. In Partibus est un choeur souterrain qui gagne à être entendu !
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